Je vous avais bien dis hein…  je me suis constitué un petit stock de patrons Deer & Doe, ma fois fort sympatique.

Alors voilà, à l’automne, dans la foulée juste après BELLADONE, je me suis cousue 2 robes SUREAU.

2, oui, carrément.

Une version « brouillon-mettable » (je n’ai jamais fait de « vraie toile » à proprement parlé, bouhhh, pas bien, vilain ! ), et une version un peu plus aboutie, enfin légèrement :-)

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Version « brouillon » de SUREAU

Comme je n’avais pas eu de soucis particulier avec Belladone, ma première conclusion était la suivante : « Entre les patrons Deer & Doe et moi, ça peut le faire« . Je me suis donc lancée dans une « version d’essai » si possible « mettable » de SUREAU, histoire de pouvoir la porter quand même malgré d’éventuelles imperfections d’ajustement. Toutefois, je pressentais ces dernières plutôt probables, du fait de cette encolure pronfonde et de cette poitrine froncée en volume que je ne pensais pas remplir (cause : je vous fais pas de dessin )… 
J’ai donc taillé le modèle dans un tissu de qualité moyenne, auquel je ne tiens pas particulièrement (au cas où plantage), et j’y ai adjoint des finitions basiques.

Je me suis alors lancée dans la taille 34, appropriée pour un tour de poitrine à 80.

 Résultat :  voici LE soucis de « bien-aller » que j’ai rencontré sur ma Sureau :

L’encolure « baille », ça flotte, ça gondole, et pas « juste un peu »… : je peux y ranger mon sac de courses, je nage carrément dedans.

Pourtant, tout semble OK partout ailleurs : je remplis le bonnet (oui, finalement, je remplis bien), ça me va bien au niveau de la taille (après une petite retouche de rien). Mais là, cette encolure, elle est rédhibitoire. Je ne peux résolument pas porter ça comme ça, déjà pour des raisons esthétiques, et ensuite, au risque de dévoiler mon intimité :-) – quand je me penche en avant, c’est… disons… radical.

Bien entendu, ce n’est pas la faute au patron, oh ça non.

C’est juste que… je ne rentre pas dans le moule des standards de mensurations. Quand on coud des patrons japonais genre tuniques amples, « ne pas rentrer dans le moule » n’a guère d’importance : les formes du corps sont masquées sous la coupe « quasi-2D » du modèle.  Mais lorsqu’il s’agit de vêtements cintrés, en 3D, envisageant vraiment le corps dans son volume (où poitrine, taille, et bassin jouent un rôle majeur dans la mise en valeur de la silhouette), le rendu « au porter » peut vite s’altérer en cas de défaut d’ajustement.

 

Après un petit check-up sur les modifications possibles énoncées dans le sew-along de Sureau (très très bien fait, je précise), rien ne semblait totalement correspondre à mon soucis d’encolure. Comme proposé, j’ai essayé de rogner un peu au niveau des épaules, mais aucun effet sur l’encolure (ou très peu).

J’avais juste envie d’éliminer ce gros surplus là, ce truc qui gondole… de le prendre, et de le balancer, pouf, poubelle, sans que ça se voit.

Intuitivement :

Donc en gros, après ça, si on veut conserver la robe dans le dressing :

– soit on coud une pince de chaque côté pour éliminer le surplus d’encolure, et retrouver un bel arrondi ajusté (penser à ré-ajuster la parementure également)

– soit on fait la flemmarde comme moi, et on fait juste 2 petits plis-plis de chaque côté, maintenus par une surpiqûre et des petits boutons (quelle fille imparfaite je fais).

Au final, de près, ça donne ça :

 Du coup, c’est clair, c’est birk… C’est un peu la honte, mais c’est ainsi, et quoi ? c’est unique non ? Pour l’oeil non-averti, on dira même que c’est un effet créatif anticipé et tout ce qu’il y a de plus « voulu » :-)

Enfin toujours est-il qu’à présent, c’est à peu près mettable, j’ose même sortir avec mon encolure rabibochée (au delà de mon jardin je précise).

Voilà, donc à présent, j’ai compris le problème, je suis prête (et motivée) pour me refaire une SUREAU digne de ce nom, avec une belle encolure cette fois, en re-dessinant le patron du corsage-devant selon le défaut relevé sur ma version d’essai.

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Tuto pour ré-ajuster une encolure trop lâche

Avec l’accord d’Eléonore, je me permets de vous expliquer comment j’ai procédé pour revoir l’encolure trop lâche du SUREAU. Si ça peut en aider quelques unes, c’est toujours ça de pris. Par ailleurs, cette technique peut également s’appliquer à d’autres modèles si besoin, en cas de problème similaire.

D’abord, sur votre modèle-brouillon, mesurez le surplus d’encolure à éliminer sur chacune des pinces. La valeur d’une seule pince est nécessaire puisque l’on travaille ensuite sur 1/2 patron (le demi-devant). De mon côté, j’avais 3 cm en trop de chaque côté du col. Donc je note : 3 cm

Ensuite :

1/ Prenez le patron du corsage devant (tour de poitrine prioritaire pour le choix de la taille à décalquer, rappelons-le)

2/ Portez un repère au 1/3 de l’encolure. Ici, hors marges de couture, la demi-encolure mesure environ 21cm : je reporte donc un repère à 14cm (depuis l’épaule) ou à 7cm (depuis le milieu-devant) – c’est pareil.

3/ Tracez une ligne partant de ce repère d’encolure jusqu’au cran de montage de l’emmanchure

4/ Reportez la valeur du surplus d’encolure à éliminer (3 cm dans mon cas) à partir du repère d’encolure. Puis tracez une 2nde ligne en rejoignant ce nouveau repère au cran de montage de l’emmanchure

5/ Découpez le surplus le long des 2 lignes tracées

 

5/ Enlevez le surplus, rapprochez les 2 bords puis scotchez-les pour reformer le patron du demi-corsage devant. Un petit décrochage peut apparaître à l’encolure, mais ce n’est pas grave : il suffit de rattraper cela en redessinant la courbe d’encolure.

Et voilà, vous avez repris votre patron du devant pour réajuster l’encolure à votre morphologie, tout en gardant une emmanchure stable. Et ainsi, vous n’aurez pas besoin de faire des pinces disgracieuses qui risquent de couper la ligne du devant de SUREAU (suivez mon regard).

ATTENTION : N’oubliez pas de faire de même avec la parementure-devant

En conclusion, j’ai utilisé la méthode d’ajustement la plus « intuitive ». Elle n’est pas faite dans les règles de l’art, mais ça marche vraiment très très bien, et c’est rapide.

Une autre technique, plus « propre » et plus conforme aux règles de patronage (pour celles qui connaissent), aurait également consisté à remodeler le patron du corsage en 1/ créant une pince d’encolure et 2/ en faisant pivoter la pince de taille (en l’ouvrant davantage) afin de refermer un peu plus l’encolure au niveau la pince créée, selon la valeur du surplus (pour vous aider à visualiser, voici un exemple de pivotement et de pince encolure ici, depuis la pince de base « bretelle » (et non la pince de taille)

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Version « retouchée » de SUREAU

Nous y voilà… SUREAU, 2ème, clap !

Toute simple.

 

Et cette fois, mon encolure de SUREAU est juste « faite pour moi » :-)

Rassurée sur ce point, j’ai donc pu y mettre « un peu plus du mien » dans les finitions, avec:

– l’ajout d’un mini-col claudine

– l’ajout d’un passepoil « ton sur ton » au niveau de la patte de boutonnage…

– le rallongement des manches et l’ajout d’un poignet à revers

– et un ajustement pile-poil à la taille

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A bientôt !