… oui c’est ça… « à l’ancienne »…

 Après  l’engagement intense dans cette histoire de livre(s)… mon corps et mon esprit tout entier avions grand besoin de nous ressourcer. Après tout ça, j’avais juste envie de coudre, coudre, coudre, coudre, coudre… juste ça. Coudre, et revenir à la source. Faire un peu comme AVANT … au moins une fois, pour voir…

Avant… c’est quand j’avais pris l’habitude de coudre les petits vêtements pour mes enfants, en imaginant tout un ensemble assorti comme une mini-collection (à titre d’exemple : ICI, ICI, ICI, et tant d’autres) . En général, je me prenais un Liberty d’amour, celui qui me faisait tant rêver depuis des mois dans les (rares) boutiques en ligne qui en proposaient à l’époque (il y a 5-6 ans). Le Liberty 1/ c’était le bijou, je n’en prenais généralement qu’1 mètre, et je le regardais comme un trésor dans ma pile pendant des semaines avant de me décider sur le sort que j’allais lui jeter et 2/ c’était la base du reste : autour de ce Liberty, je déclinais matières, motifs, couleurs et modèles… Je me revois empiler mes tissus unis et imprimés autour de mon Liberty, les associer entre eux et les regarder, encore et encore… Puis arrivait un seconde pile : celle des patrons. Puis une feuille, avec des croquis. Puis des petits vêtements qui prenaient vie. Et enfin, un billet de blog, looooong à mettre en musique… avec le fruit de tout ça.

Or beaucoup de choses se sont passées depuis tout ce temps !… Ma couture et ma façon de « blogguer » ont changé : elles se sont adaptées à mon rythme, mes disponibilités, mes enfants, mon nouveau cadre de vie, mes envies, mes besoins, mes goûts aussi, et peut-être aussi à mon nouveau rôle d’auteur que j’ai du apprendre à apprivoiser (et assumer).

A côté de cela, il y a aussi les enfants qui grandissent et qui développent leur propre style, pas toujours compatible avec les envies créatives de maman, (si vous voyez ce que je veux dire) :-) – et je les comprends tellement ! Je dois alors admettre que j’ai mis un petit moment avant de comprendre et parvenir à m’adapter.

Ce ne sera donc jamais vraiment « comme avant », c’est sûr. Et à vrai dire, c’est plutôt bon signe, et je m’en réjouis ! Mais il me tardait de ré-essayer ce genre de couture pour enfants à l’ancienne, en collection, pour tutoyer à nouveau toutes les sensations qu’elle me procurait !

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« A l’ancienne », mais avec de nouveaux objectifs personnels

Derrière la conception de cette nouvelle petite série de modèles-enfants se cachait également un autre but personnel, et non des moindres : je voulais que la très grande majorité des pièces soit « mettable » et pratique au quotidien. Je veux dire VRAIMENT ! (ne riez-pas).  Il s’agit d’une petite (grosse) remise en question de ma pratique d’avant. Pour  la majorité des couturières, confectionner des vêtements pratiques, utiles et confortables est un phénomène inné et naturel. Et bien chez moi, manifestement, non…. éh… voilà.  En réalité, je me suis rendue compte que mes divagations créatives ont parfois un peu « débordé » en étant plus fortes que la raison, et ce, plus particulièrement avec la couture enfantine où je me sentais (à tort peut-être) plus « libre » d’aller sur des terrains originaux. Je me faisais très plaisir, ça oui mais… sur le plan pratique ? Etait-ce mettable pour aller à l’école ? (réponse facile) ? Comment allais-je bien pouvoir laver et repasser ce modèle sans l’abimer (et sans en baver surtout) ? Ma fille n’allait-t-elle pas ressembler à un mannequin embulant en portant cela ? Ce look ne flirte-t-il pas trop avec le déguisement ? (hhmmm). Bref…

Ce virage a déjà été amorcé il y a 2-3 ans je dirais (par exemple, ce petit ensemble n’était déjà plus tout à fait comme les premiers),  mais aujourd’hui, ma démarche est devenue plus prégnante.

De plus, après avoir été confrontée à ma fille aînée qui, brutalement, a su développer « un goût certain » (exclusif) pour les survêtements et les baskets, ainsi qu’un sens aïgu du côté simple-pratique-facile-rapide-confort-efficace (tout son papa cette petite !)… on peut dire que cela m’a donné une bonne petite leçon.

Désormais, pour essayer de coudre plus intelligemment pour mes enfants, j’ai fermement décidé de canaliser mes pulsions créatives par une réflexion en amont (puis une certaine analyse en aval) afin de combiner à la fois :

1/ mes objectifs créatifs, afin d’en tirer tout de même un maximum de plaisir et de satisfactions personnelles. C’est vital, j’ai besoin d’avoir l’impression de faire quelque chose de nouveau, un tant soit peu original, et surtout, « qui vienne de moi », de fond en comble (même si à la limite, il s’agit d’un basique), Tout ça, c’est mon carburant en fait… ça m’alimente. Un brin de folie parfois.

2/ des objectifs de « pertinence » de la création, en matière de confort, praticité et utilité (pour la maîtrise du coût, c’est important, mais là, on verra plus tard, une chose à la fois… ).

En quelque sorte, pour celles qui connaissent, cela ressemble un peu, dans l’esprit (mais en version plus ligtht)  au Wardrobe Architect de Colette patterns, ou au Wearability Project d’Eleonore (les 2 traitant des dressings pour femme). Je ne pousserai pas le raisonnement jusque là, car (renvoi à 1/) j’aurai toujours besoin d’un grain de fantaisie, cette petite folie qui anime la flamme. Cela-dit, comme je suis plutot du style à tomber dans mes propres pièges créatifs, il est franchement bon pour moi, en tant que maman, de me poser les bonnes questions avant de coudre pour mes enfants, surtout lorsque le « crédit-temps-libre » est compté ! (je suis certaine que vous comprenez).

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Autre petit virage…

Vous remarquerez également dans le présent billet qu’il n’y a plus d’étiquettes MAÏS. Ca aussi, c’est un sacré virage. Parce qu’on peut dire qu’elles ont été grandement structurantes à un moment donné sur mon blog. Mais je crois que je n’ai plus envie, ou besoin, (ou que sais-je…?)  de signer ainsi mes coutures, et sans doute encore moins de montrer au monde que « c’est moi qui les ai faites« . L’essentiel n’est pas là pour moi.  Peut-être ai-je passé un cap, je ne sais pas… Je continuerai très certainement d’apposer quelques étiquettes sur les créations que j’offre, mais pour tout ce qui est de l’ordre du dressing personnel et familial, fini les petits Maïs… :-). Si l’envie me reprend, peut-être aussi opterai-je pour quelque chose de plus petit, plus discret, moins exposé.

Dans la même veine, les pattes décos vont se raréfier (ce qui signifie pas forcément qu’elle seront inexistantes à l’avenir) : ça changera aussi pas mal l’allure du style que vous m’attribuez sans doute. Elles faisaient presque partie de l’âme de cet espace virtuel, les personnes qui me suivent depuis mes débuts les ont vu naître, s’ancrer et évoluer. J’espère que vous ne serez pas trop perdues sans ces petites signatures que j’avais choisies d’utiliser il y a près de 6 ans mais qui, malgré un certain attachement, me correspondent un peu moins aujourd’hui.

Mais alors… Plus de MAÏS ? plus d’étiquette ? plus de pattes déco ? Mais alors… « Où suiiiis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre ? » :-) Aujourd’hui, au delà de la superposition de détails de ce genre (plus de l’ordre de la customisation), mon plaisir créatif s’oriente davantage vers une recherche de jolies coupes réfléchies et « bien faites », faciles à coudre, et faciles à porter. Bon, c’est sûr, concevoir de jolie coupes, c’est plus de boulot pour moi que de coller 3 pattes déco sur un patron existant, mais c’est mon évolution… sans doute un peu (beaucoup) grâce à mon parcours « livresque », et surtout grâce à VOUS d’ailleurs !

En sommes, mon histoire de couturière passionnée me mène à évoluer, ce blog évolue donc naturellement et logiquement avec moi.

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Alors voilà, c’est parti avec ce billet à rallonge … « à l’ancienne » dans l’esprit… mais accompagné de toutes ses évolutions.

Pour ce retour aux sources, je me suis ré-offert le luxe d’un petit Liberty, du Claire-Aude turquoise/canard… longuement convoité… et puis en voiture Simone… ! J’ai ré-empilé des tissus assortis (trop bien de ré-empiler des tissus… c’était il y a 26-27 semaines exactement – la preuve sur Instagram… je vous laisse apprécier le délais !)…

Autour du Liberty Claire-Aude, la palette est bleutée (canard, encre…), avec du gris, du carbone, du blanc, de l’argenté, et une pointe d’olive.

C’était aussi l’occasion d’habiller mon petit dragibus (bientôt 4 ans le dragibus, et oui… ! ) ma toute dernière fille que certaines d’entre vous ont peut-être vu naître sur ce blog. Fort heureusement pour moi, cette petite puce n’a pas encore un avis trop trop tranché sur le style des vêtements qu’elle porte, alors viiiite, profitons tant qu’il est encore temps :-)))) En même temps, elle est née dans du Liberty, c’est quasi-inscrit dans ses gênes presque, non ?

Donc rien que pour elle, je me suis penchée sur une collection de 14 pièces assorties autour du Liberty Claire-Aude. Comme je l’ai conçue en octobre dernier, la plupart des modèles étaient au départ imaginés pour l’automne-hiver, mais le manque de temps me menant en avril, j’ai du ré-adapter certaines de mes idées au dernier moment pour que la série reprenne une couleur et une légèreté estivale.

Pour coller à mes objectifs personnels, cette collections est donc constituée de quelques petits modèles « travaillés », mais aussi et surtout de basiques confortables. En ligne de mire : proposer à ma fille un seul vêtement original  par tenue (à la « juste dose ») en l’associant simplement à un basique comme un jean ou des tee-shirts en jersey, tout en restant dans un style cool, à la fois casual et original. Je ne sais pas encore si j’ai réellement réussi avec cet ensemble, seule la vie des modèles me le dira.

Au niveau des patrons, comme jusque là, je n’ai que très très rarement utilisé les modèles de mon livre « Grains de Couture pour Enfants »  (un comble non ?) – pour mémo, j’expliquais pourquoi dans ce billet , création n°1 –>  petit blues post-partum très certainement), j’ai finalement réussi à me soigner, et c’est une grande nouvelle ! Et cette fois, j’avais très envie de re-découvrir mon propre bouquin après ces quelques 2 ans et demi de recul. Ca aussi, ça m’a fait un bien FOU de me ré-approprier un peu mon travail. Et à côté de ça, j’ai eu comme une grosse envie de compléter cette petite collec’ avec des patrons-maison… c’est d’ailleurs ce qui me plait le plus sur le strict plan créatif, même si cela prend inévitablement plus de temps. Par conséquence, on notera un billet plutôt « auto-centré », je m’en excuse par avance, je ne suis pas trop sortie de mon périmètre… !

Si cela vous intéresse et si vous avez le livre, pour chaque modèle « Grains de Couture » (ou variante) cousu pour cet ensemble, j’ai également essayé de vous décrire les modifications effectuées sous la forme de mini-tutos, afin de vous puissiez parvenir à réaliser une version proche de la mienne.

 Let’s go !

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1 – Petit SHORT à poches décalées, esprit « DENEB »

Petit SHORT ajusté à poches décalées (patron maison), en popeline encre (France Duval Stalla), finitions batiste orageux à pois (France Duval Stalla) et passepoil noir brillant (Cousette)

Petit patron maison. C’est un short de forme assez basique globalement, tout ce qui fait que le short est short. Mais sa structure fait écho au modèle de tunique DENEB du livre Grains de Couture, avec ses 2 bandes passepoilées obliques ( ligne de poche italienne / poche en bas). Ce short possède donc 2 poches décalées. Bon j’admets, ce n’est pas forcément fait pour que ma puce mette simultanément ses 2 mains dans ses poches sinon elle a l’air un peu  bancale :-) … mais c’est surtout pour y mettre plein de trucs dedans (la poche italienne est assez grande)

La taille est complètement ajustée ET ajustable avec un élastique réglable au dos. L’empiècement de ceinture-devant est très légèrement plongeant. Mais il n’y a pas de vrai système de fermeture (exit boutonnage ou braguette). Sur ma fille, grâce à l’élasticité du dos, ça s’enfile tout seul (malgré l’ajustement). Maintenant, elle est assez menue, ce qui explique peut-être la possibilité de cette dispense.

Au niveau des finitions : un discret passepoil brillant, des doublures et ourlets rapportés contrastés, et un petit noeud.

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2 – Petite JUPE à plis « esprit VEGA »

 Jupette à plis esprit VEGA (patron maison), en batiste olive (France Duval Stalla), finition en Liberty Claire-Aude turquoise (Cousette / Little Fabrics), et passepoil lurex argenté.

Petit patron maison. C’est une jupette dont les plis du devant sont construits sur le même principe que ceux de la robe VEGA du livre Grains de Couture. En fait, je m’étais fait une jupe similaire pour moi il y a 2 ans, n°9 dans ce billet, et j’aime bien le rendu des plis qui se déploient à la tailles comme les pétales d’une fleur. J’ai donc récidivé pour ma fille. Elle a aussi deux poches italiennes.

Au niveau de la taille, elle est à la fois ajustée devant, et élastiquée-volantée au dos. Elle s’enfile aussi « toute seule » et n’est absolument pas encombrante… (donc je relève mon défi « pratique). Moins bon par contre pour le défi « entretien », notamment au niveau du repassage :-) Mon amooooour inconditionnel pour les plis et les fronces me font souvent oublier la corvée ultérieure du fer à repasser (je ne pleure qu’une fois devant la planche, ça dure 5min, et puis j’oublie). Ouiiii boooon….

Au niveau des finitions : ourlet rapporté en Liberty Claire-Aude à la taille, et passepoil argenté aux lignes de poches et en bas de la jupe. Ce passepoil en bas de jupe n’était pas la meilleure idée que j’ai eu, ça fait un peu trop « cerceau », et surtout, ça rigidifie le tombé des plis. Pas cool. Je pense que je ne vais pas tarder à rattraper l’affaire (en profitant sans doute de l’occasion pour rallonger la jupette un peu trop courte)

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 3 – Mini-JUPE esprit PERLE de NACRE

Mini-jupe esprit PERLE de NACRE, en batiste grise (France Duval Stalla), et finitions en Liberty Claire-Aude turquoise (Cousette / Little Fabrics) et passepoil lurex argenté.

Petit patron maison. Les propriétaires et utilisatrices de mon dernier livre Grains de Couture – Hommes & Femmes reconnaîtront l’esprit de la jupe tulipe PERLE de NACRE, que j’avais vraiment, mais alors VRAIMENT envie de ré-adapter en taille mini pour mes filles. Ce n’est pas une simple réduction du modèle (heureusement), mais je l’ai entièrement re-conçu puis re-patroné pour qu’elle soit mignonne et pratique sur une petite fille.

Tout d’abord, j’ai préféré l’évaser un poil pour que sa forme générale se rapproche davantage d’une jupe trapèze (conserver la coupe « jupe droite » aurait fait trop « mûr », trop « femme », et  cela aurait été moins pratique pour se mouvoir et pour jouer). Ensuite, la ceinture n’est plus une simple bande rectangle droite, mais un vrai empiècement intégré à la forme de la jupe (mieux pour que ça soit bien en place sur un bidou bombé de petite fille) . Et enfin, la jupe est ajustée ET ajustable au dos avec un élastique réglable. Tout comme le short plus haut (1), cette jupe n’a pas de système de fermeture type boutonnage ou zip, elle s’enfile toute seule. Pour le reste, c’est comme PERLE de NACRE avec son système de plis « tulipe » particuliers, et ses poches italiennes dans leur continuité.

Bon, aller, j’avoue… là, je suis toute contente de moi. D’habitude je suis toujours en train de regarder ce qui ne va pas dans mes créations, et là pour une fois, je ne suis qu’émotion quand ma fille la porte ♥♥♥ – et pourtant, il reste des petits défauts de conception, je le sais.

Avec ça, on n’ira pas jouer au bac à sable, c’est sûr, mais pour s’habiller rapide le matin, pour se faire jolie tout en restant à l’aise, pour courir facilement, tout ça, tout ça… là je crois que ça passe l’examen.

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4 – DEBARDEUR boutonné esprit ALHENA

Débardeur boutonné sur la base du patron ALHENA (Grains de Couture pour Enfants), en crépon blanc (France Duval Stalla)

Là je n’ai rien re-patroné du tout, je suis juste partie du modèle de robe ALHENA du livre Grains de Couture pour Enfants. En fait, le modèle présenté sur ma fille ici est en réalité une variante que j’avais en tête pour moi (oui oui !) et que j’imaginais faire en partant du modèle JADESTONE (variante débardeur) de mon dernier livre Hommes – Femmes (d’ailleurs, à y regarder de plus près, cette petite ALHENA modifiée ressemble beaucoup à la version JADESTONE-débardeur du livre, mêmes plis d’épaule, même ampleur, même couleur, même matière).

Si vous avez le livre Grains de Couture pour Enfants, et si vous aimez ce modèle, voici quelques orientations pour vous guider dans la transformation d’ALHENA :

Donc, à partir d’ALHENA

– Raccourcissez la robe afin d’obtenir une tunique

– Coupez le devant non plus « 1x en double sur le pli », mais 2x (ou 1x en double), en prolongeant le milieu-devant de 3-4cm (pour prévoir la croisure ourlée pour le boutonnage). On obtient deux 1/2 devant élargis au milieu. – voir croquis

– Supprimez les manches et oubliez les parementures

– Echancrez très légèrement l’encolure devant et dos sur tout le pourtour (-1 cm), et  échancrez légèrement l’emmanchure de la même façon (cela a pour conséquences principales d’affiner les bretelles, et d’approfondir l’encolure dans le même temps) – voir croquis

– Diminuez légèrement l’ampleur du pli d’épaule (facultatif). Si, une fois confectionné puis écarté, ce surplus de pli creux est plus large que la bretelle, petit bidouillage (on ne dira rien) : recoupez le surplus pour qu’il ne dépasse plus :-) (ouhhhh, pas bieeeen) – voir croquis

– La robe ALHENA est ample, ce n’est pas un secret. En plus de cette ampleur créée par les plis d’épaule, elle possède également une aisance intrinsèque due au fait que le modèle initial possède des manches. Cette aisance n’est plus nécessaire pour une version débardeur, il est donc conseillé de « rogner » sévèrement les côtés d’ALHENA en bas des emmanchures pour ne pas que ça « baîlle » de trop. Ma version est modifiée à ce niveau, mais il reste encore une « largesse » généreuse au niveau des emmenchures. Moi je sais que ça ne me gêne pas, mais il est possible d’ajuster d’avantage (au juger, selon les goûts). – voir croquis

– Les finitions des bordures d’encolure et d’emmanchures se font au moyen d’un biais rapporté.

– le boutonnage-devant est réalisé en rempliant le surplus de croisure (cette technique est expliquée dans le bouquin-enfants, Chapitre Technique , Technique 10.1 – Patte de boutonnage sur rempli, p117) –  voir croquis

Voilà, je crois que je n’ai rien oublié.

Quelques exemples – tout d’abord porté « par dessus » une jupe, avec un tombé un peu loose (notamment grâce au crépon)…

… puis porté « rentré dans la jupe »

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5 – TOP PETITES DUNES à bretelles

Petit TOP à BRETELLES et empiècement « petites dunes » (patron maison) en crépon et popeline encre (France Duval Stalla), finitions avec biais encre à étoiles argentées (FDS) et passepoil noir brillant (Cousette)

Bon, alors là, on est typiquement dans le cadre d’un petit bidouillage bien mignon, mais pas au point du tout au niveau des finitions du montage. Ca ne se voit pas forcément sur les photos, mais j’ai relevé de nombreuses anomalies. Sans compter que je me suis trompée en cousant mes petites dunes du devant, celle du centre devait être en arrière plan, et non au premier plan, ça ne rend pas l’effet souhaité. Mignon, mais pas validé. Cela-dit, je n’ai pas envie de laisser tomber, je pense que je vais me re-pencher sur la question.

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6 – TUNIQUE-chemise boutonnée

Vareuse-tunique (patron maison), en Liberty Claire-Aude turquoise/canard (Cousette / Little Fabrics). Finitions : ourlets rapportés en imprimé Parthenay moutarde (une antiquité de la Droguerie), passepoil et biais argenté lurex.

Patron maison. La base est assez simple et basique puisque ça ressemble à n’importe quelle tunique avec patte de boutonnage, donc bon… rien de transcendant . Après, il y a pas mal de petits détails ici et là que j’avais envie d’ajouter : une petite poche devant, un pli creux au dos, des épaules froncées, des « faux » bracelets de manches faciles à monter, et un « faux » col de chemise (avec pied de col) monté simplement sur parementure (ce qui simplifie pas mal le montage, et limite le stress des finitions à ce niveau). Sur ma version, je trouve le pied de col un peu « court » (les bords sont trop écartés au niveau du cou) – à noter dans un coin pour une prochaine fois.

En fait si on regarde de plus près, au niveau du col et des bas de manche, on reconnait un peu le type de montage d’AMETHYSTE + variante (Grains de Couture – Hommes & Femmes) – si vous avez –  et par extension, celui de sa variante « robe chemise » cousue ICI dans ce billet.

Mettable : carrément, oui  // Pratique : plus qu’une chemise car il y a moins de boutons à mettre, s’enfile par la tête // Confort : là on est bon je pense :-) // Style : tout ce que j’aime, un petit coup de Liberty avec un jean, et hop !

Ici, le dragibus a déclaré forfait pour les photos, donc j’ai trouvé sans mal une grande-soeur-suppléante (pas celle qui portent des survêt’, bien évidemment) – ce qui explique les manches un peu courtes.

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7 – Tunique ALULA col V

Tunique sur la base du modèle de robe ALULA (Grains de Couture pour Enfants), en lin blanc (Cousette). Finitions : biais blanc à pois argentés (France Duval Stalla)

Il s’agit d’une petite variante-maison de la robe ALULA du livre Grains de Couture. Si vous avez ça sur vos étagères d’atelier, facile… voici-voici  :

– raccourcissez la robe pour former une tunique

– supprimez la découpe en « double-goutte » au dos, et rempacez-la par une simple fente  (cela implique aussi de réviser la parementure du dos)

– dés-évasez (ça se dit ?) les côtés de la robe/tunique. En français normal, ça veut dire qu’il faut réduire la pente de la ligne de côté pour que la tunique soit un peu plus droite :-)  – voir croquis

– pour réaliser la nouvelle encolure V en intégrant les plis, l’idéal est de faire la modification sur le patron décalqué du devant d’ALULA (sur votre papier à patron). Pliez votre devant-patron-papier comme si vous vouliez réaliser les plis – ça « accordéone » – et fixez provisoirement ces plis de papier avec du scotch ou du masking-tape. L’encolure doit être bien ronde. Redessinez alors cette encolure de façon à ce qu’elle devienne V (sans rogner sur la largeur d’épaule), puis découpez ce V. Re-dessinez une parementure-devant de façon à ce qu’elle s’accorde avec cette nouvelle forme en V. Ensuite, dé-scotchez les plis du papier, dés-accordéonnez (vous comprenez n’est-ce pas ?), déployez  : vous obtenez votre nouveau patron-devant d’ALULA adapté pour un col V. L’encolure forme des grands « pics » sur le patron : c’est normal. Une fois que vous aurez plissé le tissu, le « pics » disparaîtront au profit de votre nouvelle encolure V  – voir croquis

– Pour le col : à dessiner librement de façon à ce qu’il coïncide avec la nouvelle encolure (à dessiner sur le patron plié-scotché ci-dessus). Ce col ne va pas jusqu’au dos : il est juste coincé dans la couture d’épaule et celle de la parementure  – voir croquis

Voilà-voilà notre ALULA col V et petit col pointu. Le lin blanc est salissant, mais je me l’imagine bien avec un jean (sur les photos, elle est portée sur une petite jupe en jean).

Ce n’est pas forcément pour une tenue pour tous les jours, mais occasionnellement pour faire la toute-belle, là oui.

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8 – Petite MARINIERE

Marinière sur la base de PHEKDA ultra-simplifiée (Grains de Couture pour Enfants), en jersey marin rayé bleu/blanc (Toto). Petit noeud en batiste olive (France Duval Stalla)

Un basique : une forme toute simple. Je suis certaine qu’en cherchant un peu, vous trouverez des tutos sur le net pour réaliser ce genre de marinière (merci Google !). En 2010, j’en avais réalisé une du même genre sur la base d’un patron japonais dans CE billet (billet qui, au passage, me rappelle de trop bons souvenirs !). A noter également que cette forme de tee-shirt est très courante : vous pouvez la retrouver dans le commerce – prêt-à-porter « enfants ». Si vous en possédez une similaire dans vos armoires, n’hésitez pas à l’utiliser comme une « base » pour la reproduire en couture, tout simplement.

De mon côté, je l’ai réalisée sur la base de PHEKDA (Grains de Couture pour Enfants), patron tout désigné puisque sa forme générale est similaire, et puisque mon livre était ouvert.

OK, on est d’accord, PHEKDA n’est plus sans tous ces détails, mais PHEKDA quand même, car ultra-simplifié. Seuls le devant-haut et le dos-haut sont suffisants. Ils sont juste rallongés pour former un buste complet. Tout le reste, on oublie.

L’encolure est « finie » avec une bande jersey de longueur environ 80% plus courte que le tour d’encolure (cette réduction est due à l’élasticité du jersey, ça évite que l’encolure gondole). La bande est donc : 1/ cousue « étirée » pour qu’elle épouse tout le pourtour d’encolure), 2/ montée comme un ourlet rapporté rabattu vers l’extérieur, et 3/ cousue avec une « aiguille-double » spéciale jersey (le top cette aiguille double, vraiment, vous en trouvez dans toutes les merceries classiques) *.

Pour mémo, ce genre d’aiguille double a le don de faire 2 belles coutures parallèles sur l’endroit, ainsi qu’un zig zag sur l’envers permettant de maintenir l’élasticité du jersey malgré la couture (et par conséquence,de garder l’élasticité du col à l’enfilage). Elle implique par contre de travailler avec 2 bobines de fil sur la machine à coudre. Tout ceci est expliqué dans les bons livres généraux (ou spécifiques) de couture qui abordent le travail du jersey.

oui je sais, je sais… l’éponge ;-)

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9 – Tee-shirt ORIGAMI

Tee-shirt basique sur la base du patron PHEKDA (Grains de Couture pour Enfants), en jersey gris (France Duval Stalla). Customisation origami en flex thermocollant rose fluo (Chtiscrap)

Toujours sur la base de PHEKDA, ce tee-shirt est calqué sur le même principe de montage que la marinière précédente, mais en plus, ses manches possèdent des petits revers bien propres (sans couture apparente).

Pour l’illustration, j’ai trouvé l’inspiration sur internet, et j’ai reproduit ça à la Caméo Silhouette avec un flex fluo.*

(* Note pour les Instagram followers qui ont suivi mes déboires à ce sujet : j’ai réussi à enlever mes traces de flex fondu  avec du dissolvant combiné à une action mécanique (j’ai frotté la matière dissoute avec un tissu bien sec pour l’éliminer, car le dissolvant seul ne suffisait pas). Tout est OK à présent…  !)

Un bon basique qui va avec tout. Zero créativité, mais un très gros potentiel d’usage pour cet été.

(pas de photos portées, le dragib’ a posé ses congés ce jour-là … )

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10 – TEE-SHIRT tigre

Petit tee-shirt basique (patron maison) en jersey carbone (France Duval-Stalla). Customisation tigre en flex termocollant canard (Chtiscrap)

Là encore un bon basique. Le patron est « maison » mais là encore, nul doute que l’on peut trouver ce genre de patron sur le net (re-google, c’est fantastique), ou en mercerie. C’est un tee-shirt vraiment classique, avec des petites manches.

Du coup, je ne sais pas trop quoi dire de plus sur ce modèle extatique et bourré de créativité :-) Par contre, il est super efficace, et j’ai juste envie de coudre plein de teesh’ aux filles !

Pour le tigre, il est en flex. Je suis partie d’une belle photo bien contrastée, puis je l’ai vectorisée et retravaillée dans mon logiciel de découpe pour obtenir un cuttable joli et équilibré. Je m’en suis un peu vue pour écheniller (du verbe écheniller :-) le flex une fois découpé, ouh la.

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11 – Robette en jersey « chevrons »

Petite robe tee-shirt (patron maison) en jersey canard (France Duval Stalla). Customisation chevron en flex pailleté noir (Happyflex)

Encore un basique. Là encore je n’ai pas inventé la poudre. Je crois que l’on peut trouver ce genre de robe partout dans le commerce. A chaque fois que j’en vois une, j’ai envie de l’acheter, et à chaque fois, je suis retenue par la petite voix qui me souffle : « tu rigoles ? tu pourrais la faire-toi même » (vous la connaissez, vous aussi, cette petite voix ? :-) .

Je voulais donc faire une petite robe tout confort et un peu sportswear, le genre de petite tenue de fille à enfiler rapidement et à porter facilement avec des baskets. Donc là, pas d’éclat créatif, mais un très fort potentiel de dressing d’été pour le quotidien.

Je l’ai calquée sur mon modèle de teesh’ tigre, sauf que je l’ai complétée par une petite jupette à poches italiennes. Le raccord tee-shirt / jupe est smocké grâce à 3 piqûres parallèles constituées : 1/ par un fil de bobine assorti, et 2/ par un fil élastique dans la canette. Note : ce dernier doit être enroulé sur la canette manuellement en tirant bien le fil au max de son élasticité, pour créer de la tension –> c’est ce qui smock au final une fois la couture effectuée. Si vous souhaitez reproduire cet effet, je vous conseille juste de donner un peu de mou à votre fil de bobine (comprendre : baissez la tension du fil de bobine) de façon à libérer l’élasticité du fil une fois qu’il est cousu.

Ce type de smock fait que l’élasticité est très souple et plus légère qu’un élastique plat tissé que l’on trouve classiquement en mercerie. De plus, j’aime bien les petites fronces que cela fait. La robe donne l’impression d’être ceinturée, mais que neni, le petit noeud est juste décoratif. Donc en gros, à l’enfilage, c’est rien à faire, pfft, ça passe et se met en place tout seul.

La custo chevron : en flex pailleté d’après une simple illustration graphique noir & blanc, vectorisée pour la rendre cuttable.

NDLR : j’ai posé le flex après les photos portées… (le chef de projet a très mal coordonné  les livrables)

Finitions à l’aiguille-double.

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12 – Mini cape SYRMA

Mini-cape basée sur le modèle SYRMA (Grains de Couture pour Enfants), en popeline canard (France Duval Stalla) – en vrai, c’est une chute de l’un des tous premiers coloris unis édité par FDS à ses début : le « Nuit d’Hiver »…. Finition : passepoil argenté lurex.

Ici, je suis partie sur la base du modèle SYRMA du livre « Grains de Couture« , mais je lui ai supprimé quasiment tous ses détails pour n’aller qu’à l’essentiel. Seuls la forme, la patte de boutonnage sur pli, et les plis rabattus au dos ont été conservés.

Toutefois, j’ai modifié la ligne d’épaule  : elle est devenue passepoilée et arrondie au niveau des poignets. Je voulais reproduire ce petit effet « pétales gansées » déjà testé sur une tunique cousue pour moi il y a 2 ans (n° 2 de CE  billet).

Un passepoil est donc posé sur tout le pourtour de la cape-devant et de la cape-dos (sauf à l’encolure), avec une finition au biais rapporté sur l’envers. La ligne d’épaule est donc doublement passepoilée, et l’assemblage devant/dos à ce niveau se fait juste avec des petits points solides et rapprochés à la main sur l’envers.

En termes d’usage, on ne peut pas franchement dire que cette pièce soit un indispensable du dressing : je l’aurais fait en polaire ou en lainage, ça aurait pu faire office de « chauffe-épaules » ou petit manteau, alors qu’ici, l’utilisation d’une simple popeline de coton enlève la fonctionnalité principale de la cape – celle de tenir chaud. Question « pratique et fonctionnelle » : bof hein ? Donc A priori, ça ne rentre donc pas dans mes critères de couture-intelligente, mais … là où je m’en sors avec une pirouette, c’est qu’en juin, on est de mariage… et pour cette occasion, j’imaginerais bien ma coccinelle bleue couverte avec cette petite cape si le temps n’est pas au beau fixe :-) Pas mal la galipette, non ?

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13 – Gilet sans manche pétales

Petit gilet pétales sans manches (patron maison), en jersey molletonné canard, et popeline canard (France Duval-Stalla), et Liberty Claire-Aude turquoise (Cousette/Little Fabrics)

Ca faisait longtemps que je n’avais pas fait de petit gilet sans manche ! Ca me rappelle mes débuts avec un brin de nostalgie, où mes 3 filles avaient chacune leur petit gilet sans manche, souvent en fausse fourrure et doublé de Liberty d’ailleurs.

Et voilà que l’envie me reprend. J’ai utilisé un joli jersey molletonné FDS. La coupe du gilet est toute en courbes, courte devant et plongeante au dos, avec une sorte de col-bavolet « pétales » pour ajouter du relief.

De mon côté, j’ai redessiné le patron du gilet à ma convenance, mais pour rappel, voici les patrons ou tutos existants (que je connais) :

– patron du gilet sans manche du livre des Intemporels pour Enfants (A. Le Provost) – testé, approuvé

– tuto du gilet France Duval Stalla : ici

– tuto du gilet de berger C’est Dimanche : ici

ainsi que ceux que Google sort à ce jour…

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14 – Manteau CEPHEE

Manteau CEPHEE (Grains de Couture pour Enfants), en lainage type tweed (Mondial Tissus) et Liberty Claire-Aude (Cousette / Little Fabrics). Finitions : passepoil noir brillant (Cousette)

Il s’agit du manteau CEPHEE du livre Grains de Couture. Je lui ai laissé toute sa typicité (manches raglan, double col, dos à panneaux avec son pli, martingale…), tout en supprimant les pattes décoratives. Mes seules petites modifications sont les suivantes :

– une coupe très légèrement plongeante au dos

– des finitions plus travaillées sur l’envers avec une doublure/parementure intégrée et un petit passepoil en lisière. Je ne peux plus me passer de ce type de finition désormais …

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Voilà, fin du billet.

Je tairai le temps qu’il m’a fallu pour le rédiger, c’est carrément inavouable (!!!), et à mon avis… je ne suis as certaine d’être capable de renouveler la formule du « billet-collection-tout-en-un » à l’avenir (question de survie, je ne me souvenais plus que c’était comme ça !). Je me rappelle d’ailleurs qu’à l’époque, on me demandait souvent : « mais comment arrives-tu à trouver le temps ??? …. Heu…  à vrai dire… je ne le sais pas moi-même… je me demande !

Cela-dit, cette petite séance de couture-enfants m’a apporté une hotte de jolies sensations : le plaisir de re-coudre comme ça pour ma fille, le plaisir de ré-associer les tissus et les modèles ensemble, celui de créer à nouveau « de bout en bout » des petits modèles pour enfants… une véritable sewing-therapy après ce début d’année 2014 bien chargé !